Une photo, une histoire | Le poster de LeBron James sur Jason Terry

« Chalmers. Cole. JAAAAAAAAAAAMES!!!! » Et le reste est un fracas invraisemblable témoignant de la puissance du geste, plongeant le TD Garden dans un embarras mêlé d’émerveillement. Le 18 mars 2013, à l’occasion du déplacement du Heat à Boston, LeBron James vient de postériser, pour l’éternité, Jason Terry. Chris Elise, photographe pour BasketUSA, est au bord du terrain ce jour-là, sur la droite du panier, quand on le regarde de face.

« L’action va très vite », commence par se souvenir l’auteur d’une série de clichés pour immortaliser le moment. Jason Terry vient de récupérer le cuir, Boston s’apprête alors à jouer en attaque. Comme à chaque va-et-vient, les photographes comme Chris, situés à proximité du panier d’attaque des visiteurs, en profitent pour regarder en arrière les images qui viennent d’être captées.

« On baisse notre boitier, on regarde sur l’écran, on zoome… Je fais ça mais du coin de l’œil, sans raison particulière, je ne peux pas parler de flair ou d’instinct, j’ai senti l’interception. Je la vois arriver. » Celle de Dwyane Wade qui, d’une passe en arrière, trouve Mario Chalmers, lequel trouve Norris Cole. Lequel trouve… le « King ».

Le focus est la

Le photographe, qui a encore son appareil entre les jambes au démarrage de l’action, se remet « immédiatement à shooter. J’ai l’œil dans l’ illeton. Je comprends ce qui se passe, je vois que c’est une passe en ‘alley-oop’. Là, je vois LeBron… » Pas vraiment le temps de réfléchir, il faut déclencher, une « petite ravale » de l’ordre de trois photos pour un tel dunk. « Pas le dunk le plus explosif » selon lui, et une série « facile à prendre » en raison de la montée verticale du joueur du Heat.

Une verticalité impressionnante de stabilité comparée au joueur des Celtics, dont l’impuissance est prégnante sur le faciès, qui donne plus l’air d’un pantin désarticulé. « En prenant cette photo, tu te dis pas spontanément : ‘Là, t’as quelque chose’. Tu sens le grondement du public, mais ta première reaction c’est : ‘Le focus est bien fait ?’ »

Il l’est. Netté absolue. Surtout, Chris est l’un des rares photographes à avoir capté la scène, terminée par une faute technique pour LeBron James (pour avoir fixé « Jet »…). « Personne à côté de moi n’a eu le dunk, tout le monde avait le boitier baissé », se souvient-il en précisant qu’un photographe situé sur la gauche du panier a capté une image. Il le sait très bien, une photo, dans le monde du sport particulièrement, tient à peu de chose.

Important pour sa carrière

Le soir du match, après avoir envoy é à son colocataire à Boston une photo du boîtier de son appareil avec le fameux cliché, Chris Elise a simplement le sentiment d’avoir « fait le job ». « Sur le moment, j’ai fait le boulot sur une bonne action. » Sans encore réaliser à quel point ce « highlight » va marquer les esprits, au point d’être décliné en poster dédicacé par l’auteur himselfalors que, près de dix ans plus tard, Jason Terry est encore interrogé dessus…

En plus de marquer l’histoire de la ligue, cette image aura son importance pour la carrière du photographe. Car dans la foulée de sa série, il tape dans l’œil de NBA Entertainment, la branche de production de la grande ligue, avec qui il va commencer à collaborer.

Son seul regret avec cette serie de photos ? « Je me suis dit ‘Dommage que ce n’était pas en playoffs’ », même si la rivalité entre les deux équipes était déjà bien établie à cette époque. Ce soir, porté par un LeBron James de gala (37 points et 12 passes), les leaders de la conférence Est et futurs champions NBA s’étaient imposés de peu (103-105) devant les Celtics de Jeff Green (43 points!) .

« Il a une vie ce dunk », termine notre photographe dont on vous laisse deviner, lorsqu’il parle de son métier, quel cliché il aime montrer en premier…

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