Tarn : la conseillère en assurance avait escroqué famille et clients pour 155 000 €

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Entre 2015 et 2019, une Castraise de 59 ans, alors conseillère en assurance, avait détourné l’argent de fidèles clients, dont des proches, entre Revel et Sorèze, pour mener la belle vie. Jugée hier, elle a été condamnée par le tribunal judiciaire de Castres.

À écouter son portrait dessiné par les victimes, ils lui auraient donné le bon Dieu sans confession. C’était avant de découvrir l’impensable. « C’est une trahison incroyable. On ne l’a pas vu venir, jamais je n’aurais soupçonné quoique ce soit venant d’elle, si pétillante, rayonnante. On avait tous confiance en elle », déplore la fille d’une des 8 victimes, à la barre du tribunal judiciaire de Castres, mardi 22 février.

À Revel et Sorèze, entre 2015 et 2019, une conseillère en assurance a détourné à des fins personnels environ 155 000 € provenant des portes feuilles de fidèles, initialement prévus pour des placements financiers.

Une « trahison » jusque dans le cercle familial. En plein divorce, son ex-mari reprend en main ses comptes et découvre avec stupeur le pot aux roses : des chèques à son ordre signés par son ex-femme, dont certains de sa sœur et de son frère de plusieurs milliers d’euros.

Prévenus, les gendarmes mènent leur enquête et finissent par stopper l’escroquerie de la conseillère castraise, installée à Revel. Devant les magistrats, elle justifiera les détournements pour subvenir à son train de vie, malgré un salaire mensuel d’environ 4 500 € : « J’étais pris dans un engrenage, c’était la solution de facilité », at-elle précis tout en martelant que les sommes versées par son ex-famille étaient des « dons » et que son ex-mari était « au courant de tout ».

À chaque fois, toujours le même mode opératoire: la conseillère profite d’une mauvaise passe des clients pour les embarquer dans la combine malsaine.

Manque d’empathie, aucune excuse

Dans la salle, les victimes ou leurs représentants ne goûtent guère aux arguments de la prévenue, et à cette manie de rejeter régulièrement la faute sur les autres, sans verser la moindre excuse.

« Une absence d’empathie qui gène et étonne » pour le parquet. « Je l’estimais beaucoup. Je venais de perdre mon mari, c’est honteux », témoigne une vieille dame escroquée, soutenue par une autre: « On a presque l’impression aujourd’hui que c’est une victime. »

Pour l’une des avocates des parties civiles : « Elle menait le grand train de vie sur le dos de ses amis, de sa famille. C’est insupportable, c’est une entreprise de malhonnêteté la plus crasse possible ! » L’avocate de la défense répondra après une longue plaidoirie que ce que voulait sa cliente, « c’est accéder à ce qu’elle n’avait pas socialement», devant les larmes de la prévenue.

Le tribunal a condamné la Castraise à 18 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans.

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