Sexisme: Google verse 118 millions de dollars à ses employées discriminées

Accusé de sexisme, le géant de la Silicon Valley va indemniser ses victimes à hauteur de 118 millions de dollars. Seulement, ce n’est pas la première fois que le groupe est accusé de discrimination.

Salaires inférieurs à posts équivalents et progressions plus lentes, trop c’est trop. 15 000 employées de Google viennent de remporter une belle victoire contre leur employeur, au terme d’une action collective sans précédent. S’estimant victimes de discriminations sexistes, elles viennent d’obtenir une indemnisation of 118 millions de dollars, ainsi que la promesse du géant américain de revoir son processus de recrutement. “Après, près de cinq ans de procédures, les deux parties ont convenu que la résolution de l’affaire, sans aucune admission de responsabilité ni conclusion, était dans le meilleur intérêt de tous, et nous sommes con trè trè ‘, a communiqué un porte-parole de Google à l’AFP.

C’est en 2017 que les employées avaient décidé de mener l’affaire devant le tribunal de San Francisco, au motif que leur entreprise privilégiait les hommes pour les postes à responsabilités, et payait moins les femmes. 17 000 $ d’écart à statut équivalent, précise David Neumark, économiste, au magazine Deadline.

Les femmes dans la Tech

Bien que Google ait accepté l’accord, le groupe n’admet toujours pas la discrimination qui lui est reprochée, mais s’engage à “procéder à des ajustements à la hausse en cas de différence de rémunération”. L’accord doit désormais être étudié par un juge, lors de l’audience préliminaire qui aura lieu le 21 juin. “En tant que femme qui a passé toute sa carrière dans l’industrie de la technologie, je suis optimiste envers les mesures prises par Google afin de garantir plus d’équité pour les femmes”, a toutefois déclaré Holly des Pease, l’ plaignantes.

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Les discriminations sexistes ne se cantonnent malheureusement pas qu’aux murs de Google. La tech est une jungle pour le peu de femmes qui y travaillent. D’après l’étude Gender Scan 2022, les femmes ne représentaient que 17% des emplois du numérique en 2020. Moins de la moitié d’entre elles (49%) se disaient satisfaites de la gestion de leur carrière professionnelle dans ce domaine.

Mais les choses n’ont pas toujours été ainsi. Anne-Marie Kermarrec, chercheuse en informatique, rapelle au micro de France Culture qu’autrefois, la tech était une affaire de femmes. “Les métiers de l’informatique, quand c’étaient des métiers de petites mains” […], c’était des femmes qui s’y attelaient. Et au fur et à mesure que le secteur a gagné en prestige, ce n’est pas tellement que les femmes ont déserté, c’est que les hommes s’y sont engouffrés massivement”, explique-t-elle. Ce n’est donc qu’après les années 80 que les hommes se sont emparés du marché, invisibilisant les femmes qui s’y trouvaient. Aujourd’hui, elles font entendre leur voix pour retrouver leur place.

Google fréquemment accusé de discrimination

Ce n’est malheureusement pas la première fois que Google est accusé de discrimination. D’après Forbesen juillet 2019, 200 demandeurs d’emploi de plus de 40 ans avaient accusé le groupe d’âgisme – une discrimination basée sur l’âge. L’entreprise avait dû leur verser 11 millions de dollars, mais avait égallement dû revoir ses critères de recrutement et former ses employé·es. Mais quelques mois plus tard, un employé de 72 ans, Rodney Broome, était harcelé par l’un de ses responsables, Ignacio Mendez. Ce dernier l’insultait continuellement de “papy vieux et lent”, et est même allé jusqu’à cambrioler sa maison et sa voiture.

En février 2021, Google était de nouveau accusé de discrimination, cette fois-ci par des femmes ingénieures et des candidats d’origine asiatique. Le groupe a dû verser plus de 2,5 millions de dollars et s’engage à consacrer 250 000 dollars par an à la lutte contre les inégalités salariales. Cette fois-ci, le groupe avait admis son erreur : “Au cours des huit dernières années, nous avons effectué une analyse interne annuelle de l’équité salariale afin d’identifier et de corriger tout écart”, déauclarait Techcrunch.

N’étaient-ce que de belles paroles ? En mars dernier, April Curley porte plainte cast discriminatione, La Depêche . En poste de 2014 à 2020, elle affirme que “Google est impliqué dans des pratiques récurrentes de discriminations raciales contre les employés noirs et afro-américains”. Les amendes et les millions pleuvent, mais les efforts, eux, n’ont visiblement pas l’air de payer. Et Google s’en contente pour l’instant très bien.

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