PORTRAIT. Pierre Salzmann-Crochet, le “speaker fou” à la voix de ténor du basket français

Sur le podium d’une course cycliste, aux abords immédias d’un terrain de football, sur les pontons d’une compétition de voile ou bien à proximité des parquets de basket ou de handball, leur voix enjouée résonne des parle les manifestations of sportives. C’est celle des speakers, ces « raconteurs » des faits qui a travers leur voix nous font vibrer et nous informent avec passion. Empreints de rigueur, parfois fantasques ou connaisseurs hors pair, ces hommes de l’ombre racontent leur vocation et leur parcours si singulier pour Prolongation. Troisième épisode de ces grandes voix du sport dans l’Ouest avec Pierre Salzmann-Crochet, le géant déjanté de l’ASVEL, du Caen BC et de l’USO Mondeville.

Après une rencontre anime par Pierre Salzmann-Crochet, vous ne regrettez pas d’être venu. Avec sa carcasse de 2,08 mètres, ses coiffures qui changent sans cese et son énergie dévorante, le Normand aussi appelé « le speaker fou » est un ovni dans son genre. À 30 ans, le Caennais, qui rêvait de devenir basketteur professionnel, s’est mué en un speaker complètement barré à la voix de ténor. À la maternité, les sages-femmes le surnommaient « Pavarotti », tellement il criait déjà fort, c’est pour dire. Aujourd’hui chauffeur de salle du Caen BC et de l’USO Mondeville, il connait depuis 2013 une folle ascension qui l’a mené jusqu’à l’Asvel Lyon-Villeurbanne de Tony Parker.

Plâtré de la tête aux pieds à 10 ans

Mais avant de devenir un fêlé du micro, ce « pur fils de Viking » a été malmené par la vie. Atteint de nombreuses malformations, Pierre Salzmann-Crochet n’a pas vraiment pu profiter de son adolescence comme tout le monde. « J’avais la hanche décalée, un tibia arqué, une cheville incurvée, des os pas droits, des tendons trop courts… Il a fallu réparer tout ça. Au collège, je marchais littéralement plié en deux. J’ai subi 13 opérations entre 2002 et 2013 pour un total de 33 cicatrices. Tout ça, c’est sans compter la circoncision quand j’étais petit, un bras cassé et une punaise avalée ! », lâche le Normand avec humour. Une épreuve de vie dans laquelle le basket lui a servi d’échappatoire.

Plâtré de la tête aux pieds et en fauteuil roulant à l’âge de 10 ans, sa marraine lui ramène alors un magazine de basket pour le distraire. Une alchimie s’opère. « En couverture, il y avait Kobe Bryant avec son sourire Colgate Total et un côté un peu frimeur, à l’italienne. À côté de lui, Shaquille O’Neal, un colosse de 2,16 mètres, 150 kg et une tête bien adorable avec des épaules qui font la taille d’un frigo, se souvient le Caennais de toujours. Après ça, j’ai lu tout ce que je pouvais sur le basket au point d’en devenir une encyclopédie. Encore aujourd’hui, je casse les bonbons à tout le monde en rappelant des statistiques. »

Piqué en intraveineuse par la grosse balle orange et ne pouvant plus suivre ses études, en raison de ses problèmes de santé, cet amoureux de l’écriture et des mots se lance alors dans leisme et devient correspondent sportif. Meme « s’il avait une grande bouche de base », il n’imaginait pas pouvoir gagner sa vie en étant speaker, pensant que c’était « le bénévole du club » qui avait cette mission.

Le vrai tournant se passe à l’été 2013 quand les organisateurs du tournoi Quartier Ouest, l’un des trois plus importants de streetball en Europe, organisé par Hérouville-Saint-Clair (Calvados), le contactent. « Ils cherchaient un animateur, ils ont pensé à moi, je ne sais pas pourquoi. J’ai accepté et ça s’est bien passé », explique-t-il. Avant ça, sa seule expérience au micro était lors d’un week-end de tournoi, à Tours, où il avait présenté ses coéquipiers à leur entrée sur le terrain pour s’amuser. Il partait donc de presque rien.

Formé par les trois meilleurs speakers de France

Ce coup du sort le mène à commenter le tournoi du Caen Nord Basket, club où il évolue depuis 22 ans et dans lequel il porte toujours le numéro 15 en référence au champion du monde, Lilian Thuram. Lors du tournoi, il tape dans l’œil des dirigeants de Douvres (Calvados) qui lui proposent d’animer leur équipe de Nationale 3. « Ils voulaient me payer, j’étais surpris ! Sachant que je m’amusais déjà à imiter les speakers pendant que je regardais la NBA, je trouvais ça vraiment stylé ! », raconte le trentenaire qui s’éclate à prendre la voix de Michael Buffer, le légendaire speaker américain, connu pour son célèbre « Let’s get ready to rumble».

En l’espace de quelques semaines, le Calvadosien va…

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