Les chiens vivaient dans des « conditions dramatiques » dans un élevage du Puy-de-Dôme

Le descriptif de l’élevage canin livré par le président Charles Gouilhers est édifiant. Donne presque des haut-le-cœur. Après avoir suivi une formation non-diplomate, en 2016, le prévenu a repris une ferme, à Verneugheol, pour la convertir en un élevage d’American Staffordshire.
Plusieurs contrôles ont été successivement effectués depuis 2019, relevant des manquements. Déjections dans l’habitation, certains animaux en mauvaise santé, d’autres enchaînés… « Vous n’avez jamais respecté les préconisations », tance le magistrat. Des travaux n’ont jamais été effectués, faute de moyens suffisants. Son vétérinaire l’aurait même lâché.

« Ils étaient parqués çà et là »

Les chiens ne disposaient pas non plus de boxes individuels : « Ils étaient parqués çà et là. Dans l’étable, dans des garages ou dans des parties habitables de la ferme », décrit le president.

« J’avais pas les moyens d’avoir trente boxes mais j’en avais quelques-uns. Le rapport vétérinaire a relevé que vingt-six des trente chiens étaient en parfaite santé », se défend le prévenu, âgé de 50 ans. « Ce n’est pas ce que j’ai lu dans le procès-verbal », oppose le magistrat.

Et d’ajouter : « Certains étaient dans la cave, sans lumière. » « Si, il y avait un néon… Peut-être pas suffisant », concède le quinquagénaire.

Les animaux étaient destinés à être vendus sur Internet. Mais la catégorie revendiquée dans les annonces ne correspondait pas toujours à la réalité pour ces chiens de défense. L’un des acheteurs a fini par prévenir des associations de protection des animaux.
Les trente chiens ont été confiés à la SPA.

« On est dans des conditions dramatiques pour ces animaux qui vivaient dans leurs excréments. Il s’est retrouvé dépassé »

Maître Audrey Tovornik (Avocate de la SPA)

« Ils étaient élevés dans de mauvaises conditions », ajoute Emmanuelle Cano au parquet.
Aujourd’hui, il ne lui reste qu’un chien et vit toujours dans sa ferme, sans eau courante et avec très peu de revenus. « Vous êtes un peu rustique quand même… », constate Charles Goulhiers.

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Depuis, il a abandonné son activité et conduit des cars scolaires. « Cette situation est catastrophique, tant pour les animaux que pour lui. Il s’est retrouvé dans une spirale infernale, il était en grande difficulté financière », plaide Me Aline Grèze-Paillon.
Le tribunal relaxe le prévenu des poursuites de pratique commerciales trompeus. Il est en revanche condamné pour le reste à quatre mois de prison avec sursis, de nombreuses amendes pour les différentes contraventions et surtout à remettre 49,000 € à la SPA au titre du préjudice financier.

Julien Moreau

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