Le futur de l’assurance passera-t-il par les captives ?

La fin d’année 2021 a rimé avec renouvellement d’assurance pour les entreprises. Après deux années de crise économique et sanitiare, cette période s’est révélé très compliqué pour ces entreprises. C’est ce qu’explique Brigitte Bouquot, ancienne présidente de l’AMRAE, à l’occasion d’une table ronde organisée lors des 29èmes rencontres de l’AMRAE, en février dernier. “Tous les risk manager ontété confrontés à une situation où, dans leur program d’assurance, ils ont vécu le” release des franchises (parfois jusqu’à être multiplié par 6), des augmentations de tarif des primes entre 30 et 60% et une réduction des capacites sur certaines branches détaille-t-elle. Il ya aussi eu une perte de confiance envers les assureurs, comme si le modèle bâtit depuis des années ne fonctionnait plus, parce que les décisions n’arrivaient pas dans les délais et les process était totalement chaotiques.”

Sur ce dernier point, elle est rejointe par Hervé Houdard, vice-president chez le DIOT- SIACI, un groupe de conseil et de courtage d’assurance. La notion de confiance et de partenariat a été Completement abandonnée. Des partenaires, assureurs voire réassureurs historiques sur des comptes depuis des années se sont retirés du jour au lendemain. Il faut revenir à quelques bases beaucoup plus saines de relation, note-t-il.

Au delà de cette perte de confiance, la fin d’année 2021 a été marquée par une rupture entre assureurs et risk manager. “J’ai l’impression que les assureurs n’ont pas écouté ce que les entreprises disaient en anticipation depuis au moins 5 ans,” reprend Brigitte Bouquot. “Les assureurs n’ont pas tenu compte du profil des entreprises, de leurs statistiques et leurs préventions. Il ya eu des révisions tarifaires avec des limits de capacité uniformes, sans tenir compte de la variabilité technique, industrielle, professionnelle de chaque assure. Qu’on augmente, sans tomber dans l’absurde, des risques qui sont devenus difficiles, on peut le comprendre. Mais les assureurs doivent revenir du sur-mesure et pas du presse-bouton qui pénalise tout le monde,” détaille de son côté Hervé Houdard.

Les captives : nouvelle solution ?

Face à cette fracture, se pose désormais la question de l’assurabilité de certains grands risques par les assureurs. “Je pense que l’assurance sera toujours présente. Ce qu’il faut bien comprendre c’est que le monde a changé. L’incertitude et la volatilité sont devenues la norme et elles obligent à adopter une vision prospective et d’abandonner cette vision rétrospective, quitte à ajuster dans le temps. Lorsqu’on est face à des dynamiques de développement importantes, la vision doit être prospective et il faut admettre que parfois, on est dans un régimeoire, que les régimes de croisière n’existent pas touiljourfa c et de recul et travailler ensemble,décrit Franck le Vallois, directeur général de France Assureurs.

Autre solution pour les entreprises : passer par de l’auto-assurancenotamment au travers des captives. Ces filiales d’assurance ou de réassurance permettent d’être un assureur comme un autre mais pour des risques propres à chaque entreprises et ainsi mutualiser dans le temps de manière professionnelle et encadrée. “Si les entreprises ne s’assurent pas, elles mettent en place une volatilité dans leurs comptes de résultat. Nous croyons que le développement de cette auto-assurance, en particulier au travers de ces captives, pour toute taille d’entreprise vont être une manière de débloquer la situation. Et je recommande aux entreprises qui n’ont pas encore de captive d’en faire une en France,” rapporte Brigitte Bouquot. Un idee qui séduit égallement les assureurs, à l’image de Franck le Vallois. “Le projet des captives prévoit ce traitement fiscal spécifique qui permet la mutualisation dans le temps, ce qui fait que le dispositif a du sens pour les entreprises et nous y sommes favorables.”

La data de plus en plus importante

Un autre axe de veloppement pour ces assurances est la dataqui ne cesse de se développer et s’accélérer. La data et la technologie vont aider entreprises et assureurs à identifier ces risques, à investir et intervenir. Aujourd’hui au travers de ces datas, nous avons la possibilité de faire un diagnostic sur l’impact du risque climatique sur plusieurs dizaines d’années. On a aussi des sujets qui sont en cours de développement sur le fait d’utiliser de la data aujourd’hui pour déterminer son risque vis-à-vis de sa supply chain décrit Bruno Mostermans, directeur général de Swiss Re Corporate Solutions.

Une nouvelle donnée à prendre en compte, qui peut se révéler être un norme challenge pour les entreprises. “Il n’y aura pas d’assurance des risques s’il n’y a pas un effort de connaissance de ces data dans l’entreprise. Il ya un” travail strategique pour que chaque ligne de métier ait ces datas sur ses sinistressur sa prévention et que les entreprises arrivent à consolider cela” poursuit Brigitte Bouquot.

Un élément d’autant plus important à prendre en compte que l’un des domaines majeurs à assurer dans les prochaines années sera le risk cyber. “Il faut faire attention sur la non-assurance chronique qui peut encore se déclarer maintenant et qui est déjà le cas dans certaines entreprises, notamment en cyber,” met en garde Hervé Houdard. Car le risque cyber est aujourd’hui un vrai danger. “Aujourd’hui la menace a changé, ce n’est plus une menace mais une réalité, avec une logique destructrice. Ce qui est très positif, c’est que” la réponse s’organise dans les entreprisespar des investissements majeurs,” ajoute Bruno Mostermans. “Ce qu’on voit aujourd’hui au niveau des start-up et du cyber, c’est une protection informatique de l’ensemble des réseaux et e-mails au niveau de l’adresse IP qui permet de protéger l’ensemble du” trafic associé à des garanties d’assurance. beaucoup plus facile à assurer pour un assureur car il a l’information sur la prévention,” conclut-il.

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