“J’ai déjà envie d’avoir plus de trophées!”

Isaïa Cordinier s’habitue vite. « Ce qui s’est passé dans le vestiaire ? Les grands classiques : champagne, musique, trophée, photos », liste-t-il, après avoir eu la gentillesse de s’extraire de ces scènes de joie pour raconter à BeBasket la première soirée dorée de sa carrias contre Burs (80-80) ). Soit presque, en évoquant “les classiques”, des paroles d’un abonné aux trophées, lui qui n’avait pourtant jamais vécu cela jusqu’ici, si ce n’est à travers la télévision ou les récits de certainquis de piers.

Ex-grand espoir du basket français, drafté en 44e position par Atlanta en 2016, avant de voir sa cote s’effriter à cause de genoux récalcitrants, Isaïa Cordinier est reparti de zéro, presque tombé dans l’oubli au cours de sasanche en 2017/18, pour finir acclamé quelques années plus tard par les 9 700 furieux de Basket City, en maillon essentiel de l’équipe qui ramène la mythique Virtus en EuroLeague.

L’international français an aussi rayé une anomalie : celle de n’avoir encore jamais disputé les moindres playoffs au cours de sa carrière ! Mieux, il a converti sa première phase finale en un prestigieux trophée, en une ligne d’envergure sur son palmarès : l’EuroCup 2022. « C’est dans la pierre, personne ne pourra me l’enlever », se marrait-il . De son propre aveu, sa performance individuelle contre Bursaspor (0 point, 2 rebonds et 2 interceptions en 13 minutes) ne restera pas dans les annales, quand bien même il s’acquitta avec succès de missions defensives suré les qui forts ext lui valut la note de 7/10 dans le quotidien local Il Resto del Carlino). Peu importe finalement, à part le trophée de MVP de Milos Teodosic, plus personne ne se souviendra des prestations de chacun. Tout ce qui comptera sera l’honneur d’avoir fait partie du groupe qui redonna sa noblesse au légendaire V noir. Et l’enfant des Sharks d’Antibes en était parfaitement conscient.


D’une première apparition en pro au premier trophée, 3 456 jours d’attente pour Isaïa Cordinier
(photos: Romain Robini et Alexandre Lacoste)

Isaïa, tu disais que cette finale était évidemment le match le plus important de ta carrière jusque-là. Ça s’est plutôt pas mal passé ?

(il rit) J’ai joué comme de la merde mais je m’en fous (il éclate de rire). On a gagné, putain ! Désolé des mots mais j’exprime ma joie. C’est incroyable, c’est pour ça qu’on bosse tous les jours. C’est un peu addictif, j’ai déjà envie d’en avoir plus (il rit).

À peine 30 minutes après avoir gagné ?

Franchement, oui (il souffle). Je sais même pas quoi dire !

Tu dis avoir joué “comme de la merde”. Mais tu as été particulièrement performant défensivement pourtant…

Oui oui, je sais. En fait, je voulais parler de la première mi-temps. La deuxième, je me suis remis dedans. C’était ma première finale. Ce que je retiens, c’est que l’on a vraiment joué en équipe. Il ya eu des moments où on n’était pas bien, où on a laissé l’orage passer pour réussir à garder le contrôle du match malgré tout. J’ai envie de féliciter toute l’équipe, tout le monde a répondu présent. C’est vraiment cool !

« C’est gratifiant d’écrire une page historique du club »

Il y avait une sorte de faux-rythme sur cette finale : vous auriez dû les assommer et pourtant, ils ont toujours été plus ou moins dans le coup, jusqu’à revenir à -5 en début de quatrième… quart

Exactment. C’est là où ils reviennent mais que l’on a su rester concentrés et soudés. La défense a été la clef, le groupe a été solide et à la fin, on a la victoire. Faut continue maintenant. Enfin… Faut continue, non, on va savourer d’abord (il rit). Mais j’ai déjà envie d’en avoir plus !

À quel point est-ce satisfaisant de voir ce pour quoi on travaille depuis neuf mois devenir réalité ?

On avait un objectif dans l’année et il est accompli ! Que dire? Il nous reste le championnat mais c’est le moment de savourer un peu. On a gagné notre place en EuroLeague pour la saison prochaine. Félicitations à toute l’équipe, tous les joueurs, tout le staff, tous les gens qui travaillent au club. Franchement, ça me donne envie d’encore plus bosser car j’ai envie de ressentir cette sensation encore plus.

isaia-cordinier-s-est-decouvert-une-addiction---j-ai-deja-envie-d-avoir-plus-de-trophees---1652373668.webp
Isaïa Cordinier irréprochable dans l’engagement lors de ses 13 minutes de jeu
(photo: EuroCup)

Justement, faire partie de l’équipe qui ramène ce mythique V noir en EuroLeague, c’est quelque chose de grand ?

Ah oui, c’est gratifiant ! On écrit une page historique du club. C’est pour ça que je suis venu ici. Je remercie encore la direction de m’avoir fait confiance. Pouvoir participer à ça… Je n’ai qu’une chose à dire, c’est que j’ai envie que ça continue et de viser toujours plus haut.

Et l’ambiance…

(il coupe) Merci aux fans, franchement ! C’était… (il souffle) On savait que Bursa avait toujours gagné à l’extérieur donc ils étaient habitués à gagner dans de grosses ambiances mais nos supporters ont été incroyables. Quelle ambiance! C’est top de jouer pour eux, pour cette ville.

« Personne ne pourra me l’enlever ! »

Tu as toujours dit que ta saison blanche en 2017/18 pour te faire opérer des genoux était une bonne décision pour ta carrière. Maintenant, tu as les faits avec toi pour le prouver…

Je l’ai dit à ce moment-là mais je laisse mon jeu parler pour moi. Je ne suis pas une grande gueule. Je travaille, je fais mon job et j’avance. J’espère que ce n’est que le début! Mais oui, à la fin du compte, c’était bien la vérité.

Presque dix ans après ton premier match en pro, tu as un palmarès…

(il rit) Oui, ça y est ! Tu vois ça ? (il montre sa médaille) “Champions 2022 EuroCup”, c’est dans la pierre ! (il rit) Personne ne pourra me l’enlever. Et puis, remettre le club en EuroLeague…

Une belle prochaine étape dans ta carrière l’EuroLeague donc ?

La saison prochaine, oui, je suis encore sous contrat. Mais on ne va pas en parler maintenant, on va profiter d’abord !

isaia-cordinier-s-est-decouvert-une-addiction----j-ai-deja-envie-d-avoir-plus-de-trophees---1652373788.jpeg
Le duo tricolore de la Virtus sacré !
(photo: Matteo Marchi)

À Bologne,

Leave a Comment