Durant son procès pour des dégradations dans une agence d’assurances, un Nivernais menace d’y mettre le feu

Il en est à soixante lettres recommandées à l’assureur. Et une vingtaine de plaintes déposées au parquet. « J’ai été tabassé dix fois. Je n’ai pas été tué, mais très handicapé. J’ai payé une assurance pour les accidents de la vie pendant vingt ans. Maintenant, je veux qu’on me dédommage. »

Cette tirade prononcée, mercredi 11 mai, devant le tribunal correctionnel de Nevers, fait suite immédiate à une précision du président: « Attention, nous ne sommes pas ici pour juger votre conflit financier avec Groupama… » Visible message pasénment .

Expertisé par « un faux médecin »

La justice est effectivement saisie d’autres faits : des dégradations commises sur l’agence vauzellienne de la compagnie. Le septuagénaire reconnaît avoir mis de la colle dans la serrure, avoir tagué les baies vitrées à la peinture jaune, avoir menacé de mettre le feu aux locaux et d’y répandre de la poudre d’être m’extinct est un peu contradictoire, non ?)

Les propos du prévenu à l’audience sont tout aussi décousus. Il souffrirait de spondylarthrite ankylosante. Il décrit la maladie, mais n’éclaircit pas le lien qui existerait avec les agressions alléguées. Et il accuse carrément Groupama de l’avoir fait expertiser par « un faux médecin ».

Quant à la commanditaire des « dix passages à tabac », il s’agirait de la belle-fille d’une amie atteinte de sclérose en plaques dont il s’est occupée. Par ailleurs, policière municipale, elle se serait retournée contre lui puis, avec la complicité de gendarmes et de fonctionnaires, aurait étouffé toutes les procédures.

Personne ne bouge, la seule solution que j’avais, c’était de provoquer Groupama

Ses plaintes ont effectivement été classées sans suite. Il n’y a pas d’élément au procès pour l’expliquer, puisque ce n’est pas le sujet du jour. Il ya, cependant, la lecture de son casier judiciaire, où figure une condamnation pour abus de faiblesse, comprenant une interdiction d’exercer la profession d’aide à la personne. Une autre version se dessine…

En contrepoint, le septuagénaire continue de développer sa théorie du complot: « Personne ne bouge, la seule solution que j’avais, c’était de provoquer Groupama. Je veux que ça avance, soit vous vous débrouillez pour qu’il me verse mes 50.000 €, soit…».

« Vous allez être déçu », l’interrompt le président. « Je ne suis pas là pour ça. » Le septuagénaire lance alors, d’un ton très calme : « Eh bien… j’irai mettre le feu à Groupama».

Six mois avec sursis, « une peine d’avertissement »

La procureure de la République fait des efforts de pédagogie. Elle conseille au prévenu de prendre un avocat et, s’il n’a pas les moyens, de se rendre dans une maison du droit. Elle ne néglige pas pour autant la dangerosité potentielle du personnage et fait acter ses propos incendiaires par la greffière.

Le président prononce « une peine d’avertissement » : six mois de prison avec sursis. « J’espère que vous avez entendu tout ce qui vous a été dit », prévient-il. « S’il ya de nouveaux faits, c’est devant moi que ça passera… Et je n’hésiterai pas à révoquer ce sursis. Vous avez compris ? »

Réponse du septuagénaire : « Oui, oui… Et comment je fais pour me faire rembourser, moi ? ».

Bertrand Yvernault

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