Dirac: un camp d’enttrainement géant (et privé) pour les chiens de chaasse


Denis Joseph.

Photo Julie Desbois

Bienvenue à l’Enclos du Perchet, au milieu de la forêt de Dirac. 80 hectares. Des bois plus ou moins denses, des prairies, des étendues de broussailles quasi impraticables, des chemins…

Denis Joseph.


Denis Joseph.

Photo Julie Desbois

Bienvenue à l’Enclos du Perchet, au milieu de la forêt de Dirac. 80 hectares. Des bois plus ou moins denses, des prairies, des étendues de broussailles quasi impraticables, des chemins vallonnés, une vaste zone humide. Un paradis vert totalement privé transformé en réserve de chasse. « Il faut dire ‘ parc cynégétique ‘ », corrige le maître des lieux, 62 ans, enfant de Ronsenac. Cet ancien menuisier charpentier est l’artisan de ce projet titanesque, unique en Charente, édifié en toute discrétion depuis trois ans.

La maison du proprietaire est à l'intérieur du parc.


La maison du proprietaire est à l’intérieur du parc.

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« Le Perchet, pour faire simple, c’est une grande salle de sport pour les chiens. On y vient pour créancer son animal, le dresser, lui apprendre la traque. Ici on entre sans fusil, sans cartouche. On ne tue rien », résume, jovial, Denis Joseph, en balade sur sa propriété à la recherche du client du jour et de sa meute. Ils sont « quelque part » derrière les arbres. À l’affût du gibier, choisi et introduit par le patron du domaine. « Il ya neuf chevreuils, cinq sangliers, cinq ou six lièvres »liste-t-il au moment où des animaux sauvages surgissent à l’horizon, au bout du petit-bois, et traversent la prairie à la vitesse de la lumière. « Regardez la-bas, un cochon. Et un chevreuil de l’autre côté », pointe-t-il. Dans la foulée, le son peu harmonieux de la corne du chasseur sur leurs traces perturbe le calme de la forêt. Il est prolongé par les aboiements nourris des chiens. Qui montrent à leur tour le museau.

C’est presque d’utilité publique de réguler une espèce qui fait de très gros dégâts.

D’autres idées pour développer l’activité du parc

Les sept Bruno Saint-Hubert français -d’imposants chiens courants originaires de Savoie- du Diracois Pierre-Henri Moreau déboulent, haletants, plein de baves. À la poursuite du sanglier mais surtout pas du cervidé. « C’est notre choix d’entraîner nos chiens sur les sangliers. Je viens ici pour ça », explique le chasseur, amateur d’une race « plus résistante et plus instinctive pour traquer ce type de gibier ». « Ce que l’on fait est presque d’utilité publique. On régule une espèce qui fait de très gros dégâts », ajoute Régis Moreau, le père de Pierre-Henri, posté à l’écart de la meute, en position de guetteur.

L’intérêt du parc cynégétique de Denis Joseph, défendent les Moreau, c’est qu’un chasseur sachant chasser peut entraîner ses chiens et éduquer ses chiots toute l’année. La proprieté privée permet de s’affranchir des dates d’ouvertures et de fermetures. Ce qui ne veut pas dire qu’ici, en vase clos, il n’y a pas de loi qui vaille. La réglementation est même particulièrement stricte : il faut donc que la clôture réponde à des normes précises, la maison d’habitation du maître des lieux doit impérativement se trouver dans l’enceinte du parc, la mise les a bat à mortè pendant . Si ces conditions ne sont pas remplies, l’enclos n’obtient pas d’agrément officiel.

« Mon travail, ce n’est pas juste de mettre le site à disposition des clients (pour environ 50€ la demi-journée NDLR). Je suis là aussi pour les aider les chasseurs qui le souhaitent à développer les aptitudes des chiens, à les conseiller », ajute Denis Joseph. Sa femme, Marie-Noëlle, 56 ans, a d’autres idées en tête pour développer l’activité qui ne fait pas vivre le couple. Ce parc cynégétique, parce qu’il est fermé et que les animaux qui le peuplent sont répertoriés, pourrait devenir aussi un petit paradis pour les clubs de loisirs, pourquoi pas les écoles. Pour la première fois à la fin du mois, une « fête de la ruralité » y sera d’ailleurs organisée (lire encadré). « Il ya une flore d’une grande diversité, appuie Denis Joseph en presentant les multiples variétés presentes. On peut y partir en quête des traces d’animaux ». Et profiter au passage de la vingtaine de chiens de la famille Joseph réunie sur le domaine.

Gérard, étonné devant un sanglier quasi domestique.


Gérard, étonné devant un sanglier quasi domestique.

Repro CL

Pour relever ce nouveau défi, il reste à convaincre les réticents. En particulier ceux qui s’affichent en défenseurs de l’environnement. Denis Joseph a pu le mesurer quand il s’est installé, Charente Nature, interpellé par un site aux allures de réserve, a protesté contre le projet. « Nous sommes aussi de vrais écolos »défend-il en rappelant une nouvelle fois qu’on ne tue pas au Perchet. « Sauf les sangliers quand ils sont devenus trop gros, trop vieux et potentiellement agressifs ». Gérard, un promeneur, peut attester que les occupants actuels de la forêt de Dirac sont assez inoffensifs. En balade de l’autre côté de la clôture, il ya quelques jours, il a donné à manger à l’un des spécimens, comme on nourrit un animal domestique.

Une fête de la ruralité le 26 juin

La manifestation est orchestrée par la FACCC 16, la Fédération des associations de chasseurs aux chiens courants de la Charente. Pour la première fois, le 26 juin, l’Enclos du Perchet accueille une “fête de la ruralité”. Au programme, sur le ring, la presentation de multiples meutes. Une cinquantaine d’équipages de 5 à 25 chiens. A la fois des chiens d’arrêt et des chiens courants. Les Fédérations de chasse et de pêche passeront aussi la journée dans le parc cynégétique pour présenter leurs activités. Il y aura aussi sur place, histoire d’attirer un public familial, plus large que celui composé d’adeptes de la chasse, un marché de producteurs et un village des artisans. “Tous les acteurs locaux seront représentés”, annonce Florian Léger, le président de la FACCC16.

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