ball – N1 : « On n’était pas une vraie équipe », assène Romain Duport après l’élimination du STB en play-offs

Le pivot de Saint-Thomas dresse un bilan sans concession au lendemain de la piteuse élimination du STB en quarts de finale des play-offs. Pour lui, les problèmes d’ego et la constitution même de l’effectif ont fini par sonner le glas des ambitions havraises.

Joint ce samedi 14 mai 2022, au lendemain de la faillite collective vécue par Saint-Thomas face à Mulhouse (85-111), dans le match 2 des quarts de finale des play-offs, Romain Duport n’avait « pas beaucoup dormi de la nuit, seulement quelques heures. »
« Normal après un échec comme celui-là. » Un épilogue doulouureux mais « logique » et presque prévisible à en croire le pivot (35 ans).

Comment expliquer la déroute face à Mulhouse ?

« Il ya beaucoup de choses, beaucoup d’explications, de détails tout au long de la saison qui font que, pour moi, il est logique qu’on soit sortis. On ne méritait pas d’aller jusqu’au bout. On n’était pas une vraie équipe, au final, il n’y avait pas assez de cohésion, contrairement à une équipe comme Mulhouse, qui a peut-être moins de forces brutes, mais des joueurs au diapason. Eux ont fait les efforts ensemble, n’ont fait qu’un tant en attaque qu’en défense, et ils nous ont laminés. »

« Quand tu n’es pas habitué à faire les efforts à chaque match… »

En première mi-temps, rien ni personne à Saint-Thomas ne semblait en mesure d’arrêter cette bérézina…

« C’est compliqué dans ces moments-là. On an essay, sur les temps morts, ou par moments on se disait : « Allez, allez, on y va ! » On an essay chacun notre tour, mais on n’a jamais réussi à reprendre le fil. On était submergés de partout. Il n’y avait rien, clairement pas assez d’agressivité, trop de shoots ouverts, personne ne montait sur leurs shooteurs. Oui, ils ont été adroits, mais on les a très bien aidés. On les a laissé faire ce qu’ils voulaient de nous. »

Comment le STB en est-il arrivé là ?

« Il ya eu, je pense, trop de problèmes d’ego dans l’équipe, pas assez de sale boulot de fait. On ne s’est pas mis assez le cul par terre sur l’ensemble de la saison. Voilà… Quand tu n’es pas habitué à faire les efforts à chaque match, le jour où tu tombes sur une équipe avec un vrai collectif, tu te fais dominer tout le match. Et largement. On n’avait tout simplement pas les armes collectives pour répondre à une équipe aussi bien huilée collectivement. »

« On avait peut-être trop de joueurs offensifs »

Ça veut dire quoi, des problèmes d’ego ?

« Ça veut dire que chacun se considère peut-être comme un fort joueur, un leader d’équipe. Mais ce n’est pas ça, une équipe. Il doit y avoir des leaders, des lieutenants, des « role players », comme on dit. C’est ce qu’avait Mulhouse. Leurs leaders, on les connaissait : Durand et Diehl. Les autres autour ont tenu leur rôle, sans surjouer, chose que nous n’avons jamais su faire de la saison. »

Le problème ne venait-il tout simplement pas de la constitution du groupe ?

« Ça vient de beaucoup de choses. Mais si on doit tirer un bilan, oui, sans doute que cette équipe n’était pas suffisamment «assortie», si je puis dire. On avait peut-être trop de joueurs offensifs, trop de joueurs qui auraient été leader dans d’autres collectifs, et pas assez de « role players ». Comme on le voit dans d’autres sports, notamment le foot, assembler beaucoup de gros joueurs ne donne pas toujours une grosse équipe. »

« Personnellement, c’est un très gros échec »

Et comme souvent dans ce genre de situation, c’est vers le coach que les critiques se dirigent. Quelle est selon vous la part de responsabilité d’Hervé Coudray dans cette déconvenue ?

« Dans ces cas-là, c’est la faute de tout le monde, il n’y a pas à mettre quelqu’un au-dessus ou en dessous en termes de responsabilité. Force, c’est d’abord vers lui qu’on va looking forwarder car c’est lui qui tient le bateau, c’est le capitaine. Il y aura eu des hauts et des bas tout au long de la saison, des mésententes, on a fait avec. Chacun avec ses qualités et ses défauts, aussi bien les joueurs que le coach. »

En tant que joueur, votre fierté en prend-elle un coup, alors qu’on annonçait Saint-Thomas comme le grand favori de ces play-offs ?

« Personnellement, c’est un très gros échec. Ce club me tient à coeur, je termine la ma neuvième saison ici. De par ma relation avec Rudy (Sévi), l’échec est encore plus important parce que j’avais envie de lui rendre la pareille, par rapport à tout ce qu’il fait tout au long de l’année. C’était la première fois de ma carrière que j’avais l’occasion de vivre une montée. On se rend compte à quel point il est difficile de s’extraire d’un championnat comme la N1. Personnellement, je ne me suis jamais vu en Pro B avant l’heure. Dès le début, il y avait des signes qui me laissaient penser qu’on allait vivre une saison faite de hauts et de bas. Ça n’a pas loupé. Je joue au basket depuis longtemps et ces choses-là, avec l’expérience, on les ressent. On an essay de les combattre, mais à l’arrivée, le résultat est logique. Ca n’aurait pas été un vol si on avait arraché la montée, parce que notre équipe était très forte, mais collectivement, on n’a jamais su être à la hauteur. »

« L’envie est toujours là, débordante »

Le STB retentera sa chance une cinquième fois la saison prochaine. Avec vous ?

« Oui, ce sera avec moi. L’envie est toujours là, débordante, même s’il ya des jours un peu plus compliqués, le mental est toujours aussi fort. J’ai essayé de tout donner sur ces play-offs, avec des erreurs, forcément, mais je pense pouvoir me lookinger dans la glace et me dire que j’ai tout donné, moi. Sans aucun doute. »

.

Leave a Comment