au Stade Rochelais, Keith Wright est un lanceur d’ondes positives

En termes de qualités humaines, Wright fait l’unanimité. Ses sauts de cabri, après le succès contre Tarbes envoyant le club portuaire en poule haute, traduisaient une joie sincère. Son accolade en mode grand frère à Paul Heslouin le montrait sans fard, heureux comme personne pour le gamin de la réserve qui venait de marquer deux points contre le mastodonte Caen. Ou encore ses séances rituelles d’étirements – en mode ne faites pas attention à moi – juste après les matches sur le parquet de Gaston-Neveur. Cela pour le plus grand bonheur des spectateurs qui, portables à la main, immortalisent à chaque fois le moment.

« La pièce manquante »

Keith Wright a posé ses valises au cœur de l’hiver, dans un moment o le collectif portuaire avait pris froid. Les personnalités de l’effectif avaient du mal à trouver le bon fil conducteur. « Keith est la pièce qui manquait à ce moment-là de notre saison. Il a apporté du liant dans notre jeu et dans le groupe », témoigne son entraîneur François Sence. Pas impacté par les raideurs internes liées aux résultats décevants d’alors, le trentenaire diffuse bonne humeur et sérénité à un roster en quête de zénitude.

« Sa venue, c’est du gagnant-gagnant. On avait vraiment besoin de lui pour rééquilibrer l’effectif et lui voulait avoir des responsabilités… »

Son arrivée, c’est un peu le concept du battement d’ailes du papillon. Un enchaînement d’aléas (le départ en catimini de Love en août, la double blessure de Kayembe, un premier pigiste médical Travis Elliott hors de form) va propulser le natif de l’État de Virginie sous le maillot jaune et noir. Car au même moment, l’homme, malheureux de son expérience en Allemagne, se met sur le marché des transfers. « Sa venue, c’est du gagnant-gagnant. On avait vraiment besoin de lui pour rééquilibrer l’effectif et lui voulait avoir des responsabilités… », poursuit Sence.

80% de victoires

La connexion des planètes se fait enfin. Ce poste 5, vital dans le jeu prôné par le staff, métamorphose le visage stadiste. Le garçon ne fait pas semblant depuis 21 matchs. Des pelletées de points, une ribambelle de rebonds, une intelligence de jeu maousse. Le numéro 44 collectionne les doubles-doubles (avoir au moins 10 points et 10 rebonds par match). Avec lui, La Rochelle a gagné 80% de ses matchs!

Ses caractéristiques ne sont pas sans rappeler cells de Jarryd Cole, un autre Américain ayant fait les beaux jours de feu UB La Rochelle entre 2012 et 2015. Wright est de la même veine. Sa scolarité, d’ailleurs, en impose. Il a intégré la prestigieuse université d’Harvard à la sortie de son lycée. « Quand une université comme celle-ci vient te chercher, ce n’est pas uniquement parce que tu es un bon basketteur, c’est surtout que le cerveau est très costaud. C’est du même de niveau que Yale ou Stamford, qui sont égallement très réputées », explique Desmond Quincy-Jones qui a passé son enfance et son adolescence aux États-Unis. Le cursus en psychologie de Wright permet donc de mieux comprendre cette appétence pour aller vers les autres. Au lieu du confort d’un bureau, Wright court le monde (Suède, Pologne, Argentine Grèce, Allemagne, Canada) pour vivre sa passion.

Le collectif avant tout

Sur le terrain, le pivot confirme être un formidable joueur de collectif. « C’est vrai que dans son jeu, il fait plus Européen qu’Américain. Il n’est clairement pas là pour faire du chiffre”, admet “DQJ”. Très actif sur le jeu en pick n’roll, dissuasif près du cercle en défense, Wright par son gabarit hybrid (2,02 m, 105 kg) correspond tout à fait à ce championnat de N1 fait de mobilité et d’impact physique.

« C’est vrai que dans son jeu, il fait plus Européen qu’Américain. Il n’est clairement pas là pour faire du chiffre »

« Il a cette capacité à évoluer en périphérie et donner le ballon main à main à Arnauld (Thinon) par exemple. Il raffole de cela. Mais sur les fondamentaux, il est aussi très costaud. Défensivement, il est bien ancré au sol et difficile à passer en duel. Dans notre milieu, on appelle cela un « tweener » c’est-à-dire qu’il possède des qualités propres à chacun des postses du secteur intérieur », analyse Sence.

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